Réseaux sociaux : personnel vs. professionnel

Comme chaque vendredi retour sur un article en anglais pour nos amis francophones, ce coup-ci un article issu d’un blog de la Harvard Business Review. Au départ cet article porte sur les médias sociaux afin de comprendre pourquoi il y a un tel intérêt et engagement sur ces derniers dans notre vie personnelle. Mais au contraire cela est bien plus compliqué dans un cadre professionnel. Notons que je ne partage pas toutes les remarques cet article, mais au moins il a le mérite de poser de bonnes questions, notamment autour du culturel.Voyons comment s’explique ce rapport antagoniste.

Quand les individus utilisent les médias sociaux ils partagent ce type d’expérience :

  • Nous sommes généralement invités à participer par des gens que nous connaissons et à qui nous confiance
  • Il ya des choses spécifiques que nous voulons faire avec les autres personnes impliquées, telles que de partager des photos, se tenir au courant sur les activités d’un club, ou développer une réputation personnelle
  • Nous obtenons quelque chose en retour de notre participation: des conseils, des informations pratiques dont nous avons besoin, un réseau à exploiter lorsque les temps sont durs, ou le plaisir de voir d’autres photos ou d’avoir des nouvelles
  • Nous contrôlons qui voit nos informations (enfin quand les paramètres ne sont pas trop compliqués à régler et dont les règles ne changent pas tous les 3 mois)
  • Les plateformes sont intuitives – il n’y a pas de formation requise (encore qu’elles deviennent de plus en plus complexes si on veut vraiment les paramétrer)
  • Les plateforme sont orientées pour nous permettre de faire ce qu’on souhaite et elles évoluent et s’améliorent régulièrement

En revanche, les réseaux sociaux utilisées dans de nombreuses organisations d’aujourd’hui s’inscrivent dans un contexte nettement différent au niveau culturel et au niveau de la performance:

  •  Souvent, nous sommes chargés de l’utiliser par notre hiérarchie, plutôt que d’être invité par des amis (il y a de nombreux exemples qui montrent que l’implication volontaire fonctionne mieux et est appliquée dans les entreprises)
  • Une petite partie de ce pourquoi nous sommes payé à faire (ou croyons être payé à faire) exige des informations ou une contribution de la grande majorité des autres personnes de l’entreprise.
  • La participation au réseau social peut sembler inutile – il y a souvent aucun sens à partager une idée ou une suggestion et aucun retour en échange (la mise en place d’un RSE doit répondre à un besoin et on doit être soutenu par sa hiérarchie dans sa participation)
  • Nous n’avons aucun contrôle sur qui voit nos informations et de ce qui est fait avec elles (toute l’entreprise les voit et en France la déclaration à la CNIL oblige à indiquer les buts et l’utilisations des données qui sera faite).
  • La plateforme est généraliste et exige un manuel pour commencer (les acteurs SaaS ont des interfaces de plus en plus intuitive, s’inspirant en partie de l’ergonomie des outils grands publics)

Ces différences sont au cœur des questions sur l’adoption de ces outils en entreprise. Les outils grands publics sont parfaitement adaptés aux activités des individus et aux personnes avec lesquelles ils souhaitent interagir. Ils ont un sentiment de contrôle et de choix (même si ce n’est pas vraiment le cas). À l’opposé, les sociétés abordent souvent la technologie collaboratives dans un autre esprit :

  • Investir dans le collaboratif sans intentions claires (c’est assez peu vrai, même si certaines entreprises installent des RSE sans comprendre entièrement les tenants et aboutissants, mais elles doivent mieux communiquer sur le sens auprès de leur collaborateur)
  • Pas de personnalisation de la plateforme en lien avec les processus de travail (ce n’est pas l’outil qui est à personnaliser, c’est plutôt que bien souvent il se trouve en dehors des processus de travail)
  • Attendre que les gens collaborent au sein d’anciens modèles et pratiques organisationnelles (c’est totalement vrai)
  • Estimer que les gens vont l’utiliser parce que la direction le leur a dit (on ne peut pas obliger les gens à collaborer)

Ces approches conduisent à un manque d’adoption ou une sous-utilisation des plateformes collaboratives en entreprise. Les gens ne vont pas les utiliser ou s’ils le font, il n’aura pas un impact significatif sur les résultats qui comptent: la productivité, l’innovation, et l’engagement. Comme un dirigeant l’expliquait récemment : « Nous avons investit dans le collaboratif – mais il ne touche que 1% de notre productivité, car il n’est pas lié au processus business »

Néanmoins, quel que soit le défi, l’utilisation des technologies collaborative en entreprise va continuer à croître au cours des années à venir parce que quand elles sont utilisées correctement, elles permettent d’accroître la performance. Il n’y aura pas de retour en arrière.

Comment pouvez-vous vous assurer que votre organisation sait où elle va et obtient l’engagement qui fait vraiment une différence dans la productivité, la créativité et la collaboration ? Assurez-vous que les réseaux sociaux dans votre univers de travail ont les mêmes caractéristiques que les médias sociaux dans votre vie personnelle :

  1. Stratégie – un objectif clair et précis,
  2. Technologie – conçu autour des usages de l’utilisateur
  3. Organisation – soutenu par de nouveaux processus et pratiques autant que nécessaire
  4. Engagement personnel – Soutenez l’investissement individuel

Comme je l’expliquais en introduction je ne suis pas d’accord avec tout (le plus souvent mes remarques étaient entre parenthèse). L’auteur en focalisant sur les outils a abordé des questions de conduite du changement et de modifications des habitudes culturelles. C’est faire beaucoup porter à un outil pour ce type de projet de transformation organisationnelle. Mais cela permet de surligner les points d’attention dans ce type de projet.