L’entreprise 2.0 c’est comme les élections législatives

J’avais déjà comparé l’entreprise 2.0 à la campagne des élections présidentielles, poursuivant aujourd’hui dans le même filon, nous allons voir les points communs avec les élections législatives, c’est d’actualité.

Dans un projet d’entreprise 2.0 vous avez une vision globale avec des objectifs globaux à décliner localement. Comme dans une élection législative, il y a un fort caractère national. Le parti construit un programme commun minimum que vont porter les candidats investis dans leur circonscription.

Maintenant, dans un projet d’entreprise 2.0, comme pour une élection législative c’est au niveau local que cela va se jouer (voir article sur la gouvernance décentralisée). Quelque soit votre approche, chaque communauté va se confronter à des besoins locaux, des défis locaux et répondre à une problématique locale. Comme un candidat à des élections législatives, quelque soit le message national porté par le parti, c’est une adaptation à un contexte local, et le discours porté peut parfois sembler bien éloigné du discours national.

Là encore, chaque candidat/relais va porter un message audible par la population/collaborateur. Certains vont avoir un discours plus pragmatique orienté business, d’autre plus sur les valeurs et le conversationnel et le changement culturel de l’organisation. Au final, vous allez avoir une mosaïque de discours et pratiques avec leurs succès et leurs échecs. Comme dans les différentes  circonscriptions, des gagnants et des perdants.

De nouveau, comme pour une communauté, c’est avant tout la personnalité du community manager qui compte et qui conduit le plus souvent à la réussite ou à l’échec du projet. Pour les législatives c’est pareils, c’est le candidat local qui va faire la différence. Cependant, bien entendu le candidat/community manager ne peut pas tout.

Localement la population vote communiste depuis 20 ans, un candidat libéral a peu de chance de l’emporter (inversement aussi d’ailleurs). Il en va de même pour un projet 2.0. On peut voir de nombreuses organisations où localement la résistance au changement à la culture du collaboratif fait que le projet va forcément échouer, car la culture locale est aux antipodes de ce type de fonctionnement. La vrai différence avec les élections législative, c’est qu’au lieu d’envoyer un candidat à l’abattoir comme cela est une obligation en politique, vous pouvez éviter de prendre tel ou tel communauté pour lancer votre pilote (si vous êtes sur la généralisation, ça va être plus compliqué, excepté qu’en entreprise on n’est pas en démocratie mais en démocature). Par contre vous n’aurez pas 5 ans pour faire vos preuves, si vous ne tenez pas vos promesses, la sanction sera immédiate, votre projet sera rejeté. Donc là, on est plus sur de la démocratie directe que représentative.

Comme dans un parti, si vous êtes d’une même famille politique, vous en avez tout de même ceux qui vous savonnent la planche, tandis que d’autres vous soutiennent réellement. Dans un projet 2.0 c’est pareils, vous avez des soutiens et des opposants (dans un projet récent, j’ai même vu des gens faisant partie de la gouvernance du projet être pour le moins des freins pour ne pas dire des opposants). Le jeu politique est important dans ce type de projet avec les jeux d’acteurs qui y sont liés. Et plus l’entreprise est grande, plus les rapports de pouvoirs sont importants et incontournables.

En fait plus largement, un projet 2.0 c’est avant tout un projet humain avec ses convaincus, ses retissants, ses opposants, ses non dits, ses rapports de force, comme pour un projet politique, cette volonté de changer, sans vouloir vraiment le faire. Une différence entre le discours et les actes, de nombreuses promesses non tenues par le 2.0 aussi. Car au final, si en politique on porte, ou du moins on essaye de porter une vision différente de la société, votre projet 2.0 porte aussi une vision différente. Normalement si vous ne vous contentez pas de mettre un réseau social d’entreprise, vous portez bien une autre vision de l’entreprise.

Alors le changement c’est pour quand ? Le changement c’est…

  • La comparaison est intéressante, c’est vrai qu’il  faut être très « politique » pour mener cette transformation et la mise en place d’un RSE. Le plus dur c’est vraiment ceux qui font parti du projet et semblent adhérer mais en fait suivent une voie personnelle toute autre , c’est  pas les opposants identifiés au départ. 

  • Anthony Poncier

    @patricck Vineet Nayar des employés d’abord explique qu’on les reconnait grâce à la fameuse phrase « oui mais »

  • Merci pour l’analyse. Ps : La photo est bien choisie 🙂