Twitter en 101+ 9 questions

Les vacances estivales arrivant, un petit peu de lecture, c’est toujours un plus. Ca tombe bien, le nouveau livre de la collection 101 questions vient de sortir, il traite de Twitter. Si vous lisez régulièrement ce blog, la collection 101 questions de Diateino vous dit forcément quelque chose. J’ai écris pour eux le premier ouvrage de la série sur les réseaux sociaux d’entreprise (RSE).

Cela peut sembler logique d’en parler, de plus je fais partie de la communauté twitter d’auteurs qui ont participé à l’ouvrage sous la houlette de Jean-Nöel et Emilie et ce sont des amis. Vous allez me dire, super, il va être très objectif le billet. Personnellement je trouve très bien l’ouvrage car, je retrouve les points qui ont fait que j’avais participé à cette collection : offrir un ouvrage didactique et simple d’accès pour tous.

Il offre une brève familiarisation avec l’univers twitter, son langage, les bonnes pratiques, sa multitude de fonctionnalités, ainsi que les usages parfois inattendus qu’offre Twitter. En plus, il y a des témoignages variés (Les Échos, France Télévisions, le club de rugby de Lyon…).

Et pour avoir encore de la valeur, plutôt que reprendre juste quelques questions (au hasard un des miennes sur le Social CRM), j’ai préféré vous le faire partager sous la forme d’interview avec les auteurs :

  • Pouvez vous vous présenter en quelques mots ?

Je suis Jean-Noël Chaintreuil, Directeur-Associé de Digidust (spécialiste en Stratégies Digitales, Community Management et Développements Mobiles), avec une compétence particulière sur l’innovation RH. J’ai travaillé plus de 12 ans, pour des groupes du CAC40, dans l’organisation et l’accompagnement du changement, coordonné des lancements de startups et animé des conférences ; le tout, sous un angle digital et international.

Je suis Emilie Ogez, consultante indépendante en stratégies médias sociaux, community manager et responsable marketing chez XWiki SAS. Je suis aussi blogueuse, conférencière et la créatrice de Youuuhoo, une boutique en ligne de t-shirts pour les « social addicts ».

  • Pourquoi ce livre sur Twitter ?

JNC : L’explosion du micro-blogging et principalement de Twitter bouscule les règles pré-établies dans les organisations et les entreprises. Plutôt que de lutter et de nier les impacts, il est important d’accompagner ce changement, de permettre à tous de comprendre les principes et les usages, d’apporter une de manière simple et pragmatique des retours d’expérience d’utilisateurs plus chevronnés.

EO : Comme le dit Jean-Noël, il y a actuellement une vraie explosion du micro-blogging, qu’on voit notamment qu’on voit à la fois du côté des marques et des entreprises mais aussi à travers la diversification du profil des membres. En prenant les hashtags #eurovision ou #euro2012, on voit bien qu’il n’y a pas que des technofiles, des geeks, des marketeux, des journalistes… sur Twitter ! Et comme le disait Dominique Gibert à l’occasion de la conférence de presse jeudi dernier, autant, il y a deux ans, un livre sur Twitter n’aurait pas forcément trouvé son public, autant cette année, il y a une vraie attente. D’autant que les médias classiques en parlent de plus en plus

  • Pourquoi un livre collectif entre vous la communauté twitter qui a participé à l’ouvrage ? Ecrire à plusieurs : moins de travail pour chacun ou plus de complexité pour se coordonner et lisser le style ?

JNC : L’idée de départ était vraiment d’inclure la communauté dans les réponses, afin d’avoir cette richesse de facettes et d’angle de vue. Comment et pourquoi parler d’un outil d’échanges, de partages et de conversations, sans inclure de nombreux participants? Comme tu peux le savoir, la complexité est survenue dans l’harmonisation du style et la vulgarisation : il était important que chaque terme soit cohérent et explicite pour une personne débutant l’expérience.

EO : Quand on a plusieurs auteurs, on a forcément plusieurs styles, plusieurs tons… et je trouve que c’est un vrai plus pour un ouvrage. Pour le lecteur, c’est la garantie de ne pas s’ennuyer. :) Pour nous, le plus dur, a été de rendre l’ensemble cohérent, d’éviter les redites et de guider le lecteur (quel chapitre lire quand on a fini tel ou tel chapitre). Et au final, je ne suis pas sûre qu’écrire un livre seul ne soit pas plus facile que d’encadrer et de coordonner la rédaction d’un ouvrage collaboratif.

  • Quand on finit un ouvrage, on a avancé sur sa réflexion et finalement on veut toujours changer des choses. Ca serait quoi, pour un deuxième tome ;-) ?

JNC : Avant de penser à un deuxième tome, prenons un peu de temps pour savourer ce premier. Et si on était dans la prospective d’un deuxième, je dirais que l’on irait beaucoup plus dans des usages plus professionnels et complexes : des retours d’expériences de différentes sociétés (différentes en taille, en positionnement, en marché…), l’engagement des communautés, les analyses potentielles… Peut-être aussi, donnerions-nous plus de matière à créativité : des comptes innovants et décalés, des usages ludiques…

EO : J’aimerais bien revoir, ajouter, compléter les transitions entre les grandes parties du livre pour qu’il guide encore plus le lecteur. Et comme Jean-Noël, je pense qu’on pourrait ajouter plein d’autres retours d’expérience ! Sinon, ce sont plutôt des petits détails. La seconde édition sera forcément impactée par l’évolution de Twitter (que ce soit au niveau des fonctionnalités, des usages…). Qui sait où nous en serons dans 2 ans ?

  • Vous êtes tous les 2 blogueurs, c’est votre premier livre. Quelle différence entre bloguer et écrire un livre. Est-ce complémentaire, différent ?

JNC : Ecrire un livre est forcément plus structuré et différent. Un blog touche une communauté plus ciblé : on peut donc se permettre certains raccourcis, certaines ellipses et nous concentrer sur des points très spécifiques. Là, le but était d’amener des nouveaux utilisateurs, donc d’être généraliste, pragmatique et simple.

EO :On pourrait dire que c’est différent mais finalement pas tant que cela. On peut voir ce livre comme un très long article de blog, où on a une introduction et des sous-parties. En fait, cela dépend beaucoup des blogueurs. Certains structurent beaucoup leurs articles, d’autres beaucoup moins. Je rejoins Jean-Noël sur le fait qu’on s’adresse à un public plus large et donc il faut faire en sorte qu’il ne soit pas perdu dès les premières lignes ni par la suite d’ailleurs.

  • Le web, twitter évoluent très vite, pensez-vous que ces conseils seront obsolètes rapidement, notamment sur la partie outils ?

JNC : Il est évident que certains des outils gratuits proposés (dans la partie veille, reporting…) peuvent avoir une durée de vie réduite. Mais la plupart des questions sont générales et permettent de bien se positionner sur Twitter et d’initier de nombreuses réflexions. L’obsolescence n’est donc pas l’une de nos peurs.

EO : +1 pour les outils, même si nous avons essayé de choisir des outils qui ont déjà « un peu de bouteille » et qui semblent « en bonne santé ». Pour Twitter et les fonctionnalités offertes, il y a un risque, forcément, mais a priori, les grandes fonctionnalités de l’outil resteront, donc l’ouvrage ne devrait pas obsolète trop vite. Et puis il y a de nombreux conseils et retours d’expérience. Ca, ça ne vieillit pas.

  • L’usage de twitter est mondial, les exemples sont surtout français. Pensez que vous que cet ouvrage est « à vocation mondial » ou plus franco-français ?

JNC : Il est vrai que Twitter est mondial et il existe déjà des ouvrages très centrés sur les US ou le UK. Nous avons donc voulu un ouvrage pour les francophones, par des francophones. La France possède ses spécificités de communication et d’interactions sur Twitter. Notre but était de capitaliser sur ces usages et ses bonnes pratiques.

EO :On voit beaucoup d’articles présentant des exemples anglo-saxons ! Il était temps de mettre à l’honneur des initiatives françaises. On est en retard par rapport à d’autres pays, mais cela ne veut pas dire qu’on ne fait pas des choses intéressantes sur Twitter. En outre, nos concitoyens ont souvent du mal à se projeter avec des exemples UK ou US…

  • Ce livre s’adresse aussi aux entreprises, comment analysez-vous l’usage de twitter et le niveau de maturité des entreprises ?

JNC : Les entreprises restent encore circonspects quant à l’usage possible de Twitter. D’évidence, elles se positionnent sur la partie communication ou marketing, débutent sur la partie RH (tant en recrutement qu’en marque employeur) mais sont toujours en phase d’expérimentations. L’acceptation est en cours, selon les niveaux d’implication de la Direction. Les prochaines années vont être intéressantes au possible : nous allons assister à l’émergence de nouvelles pratiques.

EO : Elles ont encore du mal à voir les bénéfices qu’elle peuvent tirer de Twitter que ce soit en terme de communication, de veille, de recrutement, d’image… En comparaison, je les trouve moins frileuses vis-à-vis de Facebook qui est une première étape dans leur appropriation des médias sociaux.

  • On ne sait pas si le tweet de Valérie Trierweiler a eu un impact sur les élections à la Rochelle, pensez vous qu’il va avoir un impact sur les ventes du livre ?

JNC : Je réponds sans hésiter : oui, l’impact va être positif et réel. En propulsant sur le devant de la scène ce tweet, les médias français ont permis à des milliers de personnes peu au fait de Twitter, de découvrir le service. A voir, maintenant, si cette exposition va se convertir en usage.

EO : Je réponds oui aux deux questions. Et plus précisément en ce qui concerne son impact sur les ventes du livre, il est évident que « ce genre d’affaires » (il y en a eu d’autres) augmentent la visibilité de Twitter, et ainsi attisent la curiosité.

 
Merci à vous deux pour vous être prêté à ce jeu des questions et merci à Cécil à qui j’ai emprunté la structure du titre.