{"id":2604,"date":"2010-12-08T07:32:57","date_gmt":"2010-12-08T05:32:57","guid":{"rendered":"http:\/\/poncier.org\/blog\/?p=2604"},"modified":"2010-12-05T10:43:21","modified_gmt":"2010-12-05T08:43:21","slug":"entreprise-2-0-gouvernance-et-management","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/poncier.org\/blog\/?p=2604","title":{"rendered":"Entreprise 2.0 : gouvernance et management"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"http:\/\/poncier.org\/blog\/wp-content\/2010\/12\/gouvernance_8.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-full wp-image-2605\" title=\"gouvernance_8\" src=\"http:\/\/poncier.org\/blog\/wp-content\/2010\/12\/gouvernance_8.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"260\" \/><\/a> La semaine derni\u00c3\u00a8re sortait le <a href=\"http:\/\/poncier.org\/blog\/?p=2495\" target=\"_blank\">livre blanc sur l&rsquo;entreprise 2.0<\/a> que j&rsquo;ai eu le plaisir et le privil\u00c3\u00a8ge de coordonner. Au del\u00c3\u00a0 de ce travail de coordination et d&rsquo;introduction au sujet, j&rsquo;ai r\u00c3\u00a9dig\u00c3\u00a9 la partie sur la gouvernance et le management. Voici le fruit de mes r\u00c3\u00a9flexions.<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p><strong>De la gouvernance dans l\u00e2\u20ac\u2122entreprise 2.0<\/strong><\/p>\n<p>Quand on rencontre des responsables d\u00e2\u20ac\u2122entreprises, dans le cadre d\u00e2\u20ac\u2122un projet de travail collaboratif, l\u00e2\u20ac\u2122id\u00c3\u00a9e que \u00c2\u00ab\u00c2\u00a0collaboratif = anarchie ou autogestion\u00c2\u00a0\u00c2\u00bb revient souvent (m\u00c3\u00aame si cette \u00c2\u00ab\u00c2\u00a0peur\u00c2\u00a0\u00c2\u00bb diminue). Le r\u00c3\u00b4le du top management ne dispara\u00c3\u00aet pas, il va valider les processus collaboratifs de fonctionnement et le p\u00c3\u00a9rim\u00c3\u00a8tre de la collaboration\u00c2\u00a0: interne, clients, partenaires&#8230; M\u00c3\u00aame si on peut constater une autonomie plus importante\u00c2\u00a0: cela veut dire aussi libert\u00c3\u00a9 et moyens \u00c2\u00ab\u00c2\u00a0de faire\u00c2\u00a0\u00c2\u00bb. Mais il est toujours l\u00c3\u00a0 pour fixer la strat\u00c3\u00a9gie et les objectifs de l\u00e2\u20ac\u2122entreprise.<\/p>\n<p>Pour d\u00c3\u00a9velopper le travail collaboratif dans l\u00e2\u20ac\u2122entreprise, le top management se doit d\u00e2\u20ac\u2122\u00c3\u00aatre plus qu\u00e2\u20ac\u2122un sponsor, il doit aussi \u00c3\u00aatre exemplaire dans son attitude et son application des principes collaboratifs. Cela se concr\u00c3\u00a9tise notamment par une plus grande agilit\u00c3\u00a9 (r\u00c3\u00a9duction des temps de d\u00c3\u00a9cision en phase avec l\u00e2\u20ac\u2122op\u00c3\u00a9rationnel et\/ou le terrain li\u00c3\u00a9s aux <em>feedbacks<\/em>), un d\u00c3\u00a9cloisonnement et une transparence li\u00c3\u00a9s \u00c3\u00a0 une plus grande fluidit\u00c3\u00a9 de la circulation de l\u00e2\u20ac\u2122information. On peut parler d\u00e2\u20ac\u2122organisation int\u00c3\u00a9grative. La grande diff\u00c3\u00a9rence avec une organisation classique est donc une plus grande \u00c3\u00a9coute des dirigeants et <em>l\u00e2\u20ac\u2122empowerment<\/em> des collaborateurs. De fait, le top management doit \u00c3\u00aatre plus focalis\u00c3\u00a9 sur le sens et les r\u00c3\u00a9sultats, que sur un micro-management des \u00c3\u00a9quipes.<\/p>\n<p>Il y a donc bien une r\u00c3\u00a9duction de la pyramide au profit d\u00e2\u20ac\u2122une organisation plus horizontale (reposant d\u00e2\u20ac\u2122une part sur les notions d\u00e2\u20ac\u2122identit\u00c3\u00a9 des acteurs et d\u00e2\u20ac\u2122autre part de multi-communaut\u00c3\u00a9s). Il est illusoire, comme le rappelle John Chambers, le CEO de Cisco, de penser qu\u00e2\u20ac\u2122il dirige seul 66\u00c2\u00a0000 collaborateurs. C\u00e2\u20ac\u2122est pourquoi il faut r\u00c3\u00a9duire le c\u00c3\u00b4t\u00c3\u00a9 bureaucratique et rigide de l\u00e2\u20ac\u2122organisation li\u00c3\u00a9 au mod\u00c3\u00a8le pyramidale des organisations classiques (d\u00c3\u00a9l\u00c3\u00a9gatives comme les appelle Henry Mintzberg). D\u00e2\u20ac\u2122ailleurs cette \u00c2\u00ab\u00c2\u00a0transmission\u00c2\u00a0\u00c2\u00bb de la vision et sa r\u00c3\u00a9ception peut se faire de mani\u00c3\u00a8re directe, \u00c3\u00a0 travers le blog du PDG ou plus largement sur une plateforme collaborative avec la possibilit\u00c3\u00a9 pour les collaborateurs de r\u00c3\u00a9agir et dialoguer.<\/p>\n<p>Si la gouvernance \u00c3\u00a9volue dans la mise en place d\u00e2\u20ac\u2122une entreprise 2.0 ou organisation collaborative, de fait les modes de management doivent aussi \u00c3\u00a9voluer.<\/p>\n<p><strong>Du management 2.0 dans l\u00e2\u20ac\u2122entreprise<\/strong><\/p>\n<p>Quand on parle de travail collaboratif en entreprise, tout de suite le terme <em>community manager<\/em> est prononc\u00c3\u00a9. Si la cr\u00c3\u00a9ation de communaut\u00c3\u00a9s est l\u00e2\u20ac\u2122une des principales incarnations du travail collaboratif, il n\u00e2\u20ac\u2122en demeure pas moins que le management traditionnel continue d\u00e2\u20ac\u2122exister\u00c2\u00a0: le \u00c2\u00ab\u00c2\u00a0mod\u00c3\u00a8le du manager 2.0\u00c2\u00a0\u00c2\u00bb n\u00e2\u20ac\u2122est pas uniquement celui du <em>community manager<\/em>. Pendant longtemps (c\u00e2\u20ac\u2122est souvent encore le cas), le manager \u00c3\u00a9tait celui qui d\u00c3\u00a9tenait l\u00e2\u20ac\u2122information et la transmettait \u00c3\u00a0 ses \u00c3\u00a9quipes, sur le mod\u00c3\u00a8le information = pouvoir. Alors qu\u00e2\u20ac\u2122attendre de ce manager \u00c2\u00ab\u00c2\u00a0nouvelle g\u00c3\u00a9n\u00c3\u00a9ration\u00c2\u00a0\u00c2\u00bb ?<\/p>\n<p>Tout d\u00e2\u20ac\u2122abord il doit instaurer la confiance dans ses \u00c3\u00a9quipes. Cela veut dire une libre expression et des \u00c3\u00a9changes, qui doit mener \u00c3\u00a0 du management participatif, \u00c3\u00a0 savoir des prises de d\u00c3\u00a9cisions collectives par l\u00e2\u20ac\u2122ensemble de l\u00e2\u20ac\u2122\u00c3\u00a9quipe et donc au final plus d\u00e2\u20ac\u2122engagement. Evidemment, ce r\u00c3\u00b4le de manager ne doit pas \u00c3\u00aatre uniquement con\u00c3\u00a7u dans un rapport de pouvoir et de hi\u00c3\u00a9rarchie.\u00c2\u00a0C\u00e2\u20ac\u2122est donc plus un r\u00c3\u00b4le d\u00e2\u20ac\u2122animateur ou facilitateur que le manager va jouer. En effet, dans tout groupe humain il y a parfois des tensions, des choses \u00c3\u00a0 r\u00c3\u00a9soudre, et celui qui est au-dessus de la m\u00c3\u00aal\u00c3\u00a9e peut aider \u00c3\u00a0 faire avancer les choses. Si le management est participatif, on peut supposer aussi que le niveau de d\u00c3\u00a9l\u00c3\u00a9gation au quotidien est important. En effet, le manager est l\u00c3\u00a0 pour faire grandir ses \u00c3\u00a9quipes et atteindre des r\u00c3\u00a9sultats. Il s\u00e2\u20ac\u2122agit donc de conduire ses collaborateurs dans la direction souhait\u00c3\u00a9e par l\u00e2\u20ac\u2122entreprise et leur donner les moyens de leur autonomie afin qu\u00e2\u20ac\u2122ils puissent grandir individuellement mais aussi collectivement. Cela veut dire \u00c3\u00aatre l\u00c3\u00a0 en soutien, donner un conseil ou aider en cas de besoin. Le temps qu\u00e2\u20ac\u2122il d\u00c3\u00a9gage ainsi lui permet de prendre le temps de faire grandir son \u00c3\u00a9quipe, prendre le temps de la r\u00c3\u00a9flexion pour donner du sens \u00c3\u00a0 l\u00e2\u20ac\u2122action et surtout distinguer les priorit\u00c3\u00a9s pour les hi\u00c3\u00a9rarchiser (important\/urgent).<\/p>\n<p>Mais plus que la distribution de t\u00c3\u00a2ches \u00c3\u00a0 effectuer, il d\u00c3\u00a9veloppe la volont\u00c3\u00a9 de ses \u00c3\u00a9quipes \u00c3\u00a0 travailler de mani\u00c3\u00a8re collaborative et leur donne les moyens de travailler de mani\u00c3\u00a8re collaborative (savoir et pouvoir).\u00c2\u00a0 Il va \u00c3\u00aatre un promoteur. C\u00e2\u20ac\u2122est lui qui va faire le lien avec son n+1 ou n+2 pour promouvoir le travail de ses collaborateurs, aider \u00c3\u00a0 mettre en valeur les r\u00c3\u00a9alisations personnelles et collectives de son \u00c3\u00a9quipe. M\u00c3\u00aame si dans un syst\u00c3\u00a8me en r\u00c3\u00a9seau, on est beaucoup plus proche d\u00e2\u20ac\u2122un \u00c2\u00ab\u00c2\u00a0personal branding interne\u00c2\u00a0\u00c2\u00bb qui va forc\u00c3\u00a9ment jouer sur la r\u00c3\u00a9putation du collaborateur au sein de l\u00e2\u20ac\u2122entreprise.<\/p>\n<p>Cela renvoie tout simplement \u00c3\u00a0 quelques notions-cl\u00c3\u00a9s qui sont :<\/p>\n<ul>\n<li>le respect au lieu de la domination<\/li>\n<li>La confiance au lieu de la discipline<\/li>\n<li>la transparence au lieu de l\u00e2\u20ac\u2122opacit\u00c3\u00a9<\/li>\n<li>le collectif au lieu de l\u00e2\u20ac\u2122individuel<\/li>\n<li>La valorisation au lieu de l\u00e2\u20ac\u2122appropriation<\/li>\n<\/ul>\n<p>Cela n\u00e2\u20ac\u2122a rien de nouveau, en effet, tout comme le travail collaboratif ou les communaut\u00c3\u00a9s (on a pas attendu le web 2.0 pour cela). Mais beaucoup de managers s\u00e2\u20ac\u2122inqui\u00c3\u00a8tent pour leur statut dans le cadre d\u00e2\u20ac\u2122une organisation collaborative. En effet, si leur r\u00c3\u00b4le \u00c3\u00a9volue, leur comportement va devoir aussi \u00c3\u00a9voluer. Etre un manager, ne veut pas dire faire preuve de leadership. Et pourtant dans le cadre d\u00e2\u20ac\u2122une organisation collaborative, les managers vont surtout devoir faire preuve de leadership. C\u00e2\u20ac\u2122est-\u00c3\u00a0-dire passer de comp\u00c3\u00a9tences manag\u00c3\u00a9riales \u00c3\u00a0 une posture. Les managers vont devoir r\u00c3\u00a9pondre notamment \u00c3\u00a0 deux d\u00c3\u00a9fis, souvent inhabituels dans les organisations traditionnelles\u00c2\u00a0: savoir coordonner sans centralisme et savoir animer sans hi\u00c3\u00a9rarchie.<\/p>\n<p>A travers ces deux piliers, on retrouve notamment les probl\u00c3\u00a9matiques d\u00e2\u20ac\u2122un management de projet ou transverse. Pour cela, et afin de permettre \u00c3\u00a0 chacun de d\u00c3\u00a9velopper son potentiel, il va falloir insuffler principalement 3 choses :<\/p>\n<ul>\n<li>Un sentiment de libert\u00c3\u00a9, en acceptant de l\u00c3\u00a2cher prise et \u00c2\u00ab\u00c2\u00a0perdre\u00c2\u00a0\u00c2\u00bb le contr\u00c3\u00b4le<\/li>\n<li>Un sentiment de communaut\u00c3\u00a9, en renfor\u00c3\u00a7ant le sentiment d\u00e2\u20ac\u2122appartenance<\/li>\n<li>Un objectif de sens, afin que les collaborateurs puissent s\u00e2\u20ac\u2122investir pleinement dans leur travail.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Par cette posture de leadership, le manager va devenir un catalyseur qui inspire ses collaborateurs. Il lib\u00c3\u00a8re l\u00e2\u20ac\u2122\u00c3\u00a9nergie des collaborateurs, sait trancher ou trouver un consensus quand cela est n\u00c3\u00a9cessaire. Cela veut dire accompagner ses collaborateurs en faisant preuve d\u00e2\u20ac\u2122esprit d\u00e2\u20ac\u2122ouverture, mais aussi leur permettre de grandir en leur accordant le droit \u00c3\u00a0 l\u00e2\u20ac\u2122erreur (donc d\u00c3\u00a9l\u00c3\u00a9guer), sans lequel la confiance et la prise de risque n\u00e2\u20ac\u2122est pas possible. Il faut cr\u00c3\u00a9er un environnement favorable au succ\u00c3\u00a8s de l\u00e2\u20ac\u2122individu.<\/p>\n<p>Cette partie fait souvent peur aux managers. Ils craignent le regard de leur sup\u00c3\u00a9rieur et de leurs collaborateurs. La d\u00c3\u00a9l\u00c3\u00a9gation ne r\u00c3\u00a9duit pas l\u00e2\u20ac\u2122autorit\u00c3\u00a9, elle n\u00e2\u20ac\u2122emp\u00c3\u00aache pas la reconnaissance du sup\u00c3\u00a9rieur et des collaborateurs, au contraire.\u00c2\u00a0Faire preuve de reconnaissance et de soutien motive les autres. Le but d\u00e2\u20ac\u2122un manager est d\u00e2\u20ac\u2122organiser et de d\u00c3\u00a9velopper une \u00c3\u00a9quipe. On vous juge sur votre animation d\u00e2\u20ac\u2122\u00c3\u00a9quipe, pas sur votre capacit\u00c3\u00a9 \u00c3\u00a0 faire. Comme le disait Peter Drucker\u00c2\u00a0: \u00c2\u00ab\u00c2\u00a090% de ce que nous nommons le management consiste \u00c3\u00a0 compliquer le travail des collaborateurs. Dans un nouveau monde de management, je vois l\u00e2\u20ac\u2122employ\u00c3\u00a9 g\u00c3\u00a9rer sa charge de travail et demander un soutien \u00c3\u00a0 un coach quand il en a besoin\u00c2\u00a0\u00c2\u00bb.<\/p>\n<p><strong> <\/strong><\/p>\n<p><strong>En guise de conclusion<\/strong><\/p>\n<p>Certains managers ne sauront ou ne voudront pas faire cette \u00c2\u00ab\u00c2\u00a0r\u00c3\u00a9volution culturelle\u00c2\u00a0\u00c2\u00bb. Ce r\u00c3\u00b4le n\u00e2\u20ac\u2122est pas forc\u00c3\u00a9ment fait pour eux, car il est parfois trop \u00c3\u00a9loign\u00c3\u00a9 de leur histoire et leur culture. Il s\u00e2\u20ac\u2122agit donc d\u00e2\u20ac\u2122impliquer le management et de lui ouvrir des perspectives. Plus les managers seront impliqu\u00c3\u00a9s t\u00c3\u00b4t, moins ils auront l\u00e2\u20ac\u2122impression d\u00e2\u20ac\u2122\u00c3\u00aatre \u00c2\u00ab\u00c2\u00a0la derni\u00c3\u00a8re roue du carrosse\u00c2\u00a0\u00c2\u00bb et seront ouverts \u00c3\u00a0 ce changement. Les managers doivent jouer un r\u00c3\u00b4le dans ce changement culturel et ainsi \u00c3\u00aatre reconnus pour ce travail d\u00e2\u20ac\u2122apport \u00c3\u00a0 l\u00e2\u20ac\u2122entreprise collaborative. De plus, ces managers vont \u00c3\u00aatre les principaux relais dans la mise en place de communaut\u00c3\u00a9s ou de travail collaboratif dans votre organisation. Comme cela a \u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9 dit plus haut, cette entreprise 2.0 est int\u00c3\u00a9grative, il ne s\u00e2\u20ac\u2122agit donc pas de laisser des managers au bord du chemin. Pour ceux qui ne pourraient pas s\u00e2\u20ac\u2122adapter, l\u00e2\u20ac\u2122entreprise se doit de les diriger vers d\u00e2\u20ac\u2122autres r\u00c3\u00b4les, comme celui d\u00e2\u20ac\u2122expertise par exemple.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La semaine derni\u00c3\u00a8re sortait le livre blanc sur l&rsquo;entreprise 2.0 que j&rsquo;ai eu le plaisir et le privil\u00c3\u00a8ge de coordonner. 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