Intelligence économique et pays émergents

Nous tenons tout d’abords à remercier Amor Zebar et l’ensemble de l’équipe du VIP groupe pour l’accueil qui a été fait à l’équipe de M2IE et l’organisation de ces 2e assises de l’intelligence économique à Alger. Vous trouverez le programme complet des interventions sur le site veille.ma. Mon intervention a été un peu en décalage avec notre cœur de métier, le management de l’intelligence économique, puisqu’elle a portée sur l’intelligence économique et les pays émergents. En fait, Amor Zebar m’avait contacté suite au deuxième colloque européen de l’intelligence économique à Lisbonne, où j’avais proposé une contribution sur les pratiques d’IE au Vietnam.

Le but de cette présentation était de montrer comment d’autres pays émergents, avec certaines caractéristiques communes, ont mis en place des pratiques d’intelligence économique. Par exemple une stratégie de regroupement pour résister aux entreprises étrangères, ou bien la création de groupes professionnels dont la raison est de conseiller le gouvernement, et transmettre savoirs et pratiques à ses adhérents. Vous trouverez ici les slides de cette présentation, avec deux ou trois commentaires en plus, afin que certaines slides soient plus compréhensibles.

  • Slide 7 (IE et mondialisation) : L’intelligence économique dans chaque pays se nourrit d’une culture stratégique spécifique (latine, anglo saxonne, asiatique). Il ne s’agit de pas de les plaquer, mais d’adapter le concept à sa culture, en l’occurrence les pays du Maghreb.h
  • Slide 16 (Les gouvernements ont un rôle central dans le développement de l’IE en Chine) : Le MOFCOM, inspiré du MITI japonais, soutient les entreprises chinoises notamment à travers un institut des relations internationales qui effectue : une veille, de la traduction et des synthèses pour les entreprises. Le Hunan a par exemple mis en place des forums d’échanges sur la compétitivité et l’IE pour les acteurs de son territoire.
  • Slide 17 (Le Vietnam et « le berceau des procès de dumping », savoir réagir) : Sur 25 procès de dumping impliquant des produits importés du Vietnam, le tiers concerne l’UE. Le Vietnam a mis en place un conseil du commerce international, qui se concentre sur les cas d’anti-dumping.
  • Slide 18 (Un réseau performant : la diaspora) : il s’agit notamment de transférer les savoirs des expatriés, comme pour les TIC. 10.000 Vietnamiens travaillent dans la Silicon Valley et ils sont la troisième communauté étrangère à travailler dans ce secteur.
  • Slide 19 (Développer des stratégies d’influence basées sur la différenciation (le cas Vietnamien) : L’Agence japonaise de promotion du commerce (JETRO) a révélé que 66,2 % des sociétés japonaises au Vietnam étaient rentables, contre 54,2 % de celles qui sont implantées en Chine. De même, le Vietnam possède également un système d’infrastructures qui se développe très rapidement afin de satisfaire les demandes allant croissantes des entrepreneurs étrangers. Pour obtenir un raccordement au réseau électrique, il faut en moyenne dix-sept jours au Vietnam, contre vingt-trois jours en Thaïlande. La pose d’une ligne téléphonique prend neuf jours au Vietnam contre quinze jours en Thaïlande. Et enfin le Vietnam se distingue aussi dans la mise en place d’une politique de développement durable comme vecteur de croissance. On retrouve encore là une forte distinction avec la Chine qui est souvent critiquée dans sa gestion de l’écologie ou plus largement par son attitude envers le réchauffement climatique. Ainsi, il existe des zones industrielles « vertes » pour attirer les capitaux étrangers.
  • Slide 20 (Organiser la sécurité du patrimoine des entreprises : le cas Vietnamien) : Le secteur de la grande consommation ouvre ses portes à la concurrence en 2009. Dans ce cadre, l’Association des entreprises vietnamiennes de grande distribution a vu le jour fin 2007 et regroupe 130 membres. Son rôle est de conseiller le gouvernement sur les politiques du secteur de la distribution.La propriété intellectuelle joue un rôle essentiel dans la compétitivité mais est étrangère à la culture vietnamienne. Plus de 80 % des entreprises nationales n’ont pas déposé leurs marques. Aussi, afin d’enrichir les connaissances en la matière des PME, l’Association vietnamienne de la propriété intellectuelle a lancé un prix des produits vietnamiens. Devant la concurrence des banques étrangères, les banques domestiques optent pour des fusions entre d’autres activités économiques et le secteur bancaire. La GP Bank illustre ce type de fusion : elle est le fruit de l’alliance entre la banque Toàn Câu et le Groupe du pétrole et du gaz du Vietnam (Petro Vietnam).