Complexité, simplicité, pourquoi les communautés sont difficile organisationnellement

Aujourd’hui, comme tous les vendredi, toujours dans le cadre de nos petits détours par le monde anglo-saxon, un article du community roundtable sur l’organisation collaborative. Voici une synthèse des principales idées. On retrouve ici l’aspect sympathique du blog les talents d’Alex : partir d’une émission pour construire une réflexion sur son sujet de réflexion, ici les communautés.

Les marchés auxquels font face tous les jours les organisations sont complexes. Ils l’ont toujours été, mais cette complexité était facile à minimiser jusqu’à présent. Maintenant, nous ne pouvons plus l’ignorer parce c’est de plus en plus du temps réel via l’internet. Face à cela de nombreuses personnes et organisations réagissent en se refermant sur elles-même pour devenir encore plus rigides sur ce qu’elles savent et sur leur mode de fonctionnement. Elles sont trop inquietes pour essayer quelque chose de nouveau. Afin de calmer notre angoisse, nous essayons de planifier et de gérer toujours plus. Mais c’est un combat perdu d’avance, car la réponse à la complexité par la complexité rend les choses plus compliquées. La seule façon de lutter contre la complexité c’est la simplicité. Les organisations devront donc s’adapter structurellement, mais par où pouvons-nous commencer à titre individuel?

Rachel Happe décrit une histoire qu’elle a entendu sur la façon dont une personne a mis en place une série d’actions qui a abouti à la croissance économique et le développement durable d’une petite ville du Royaume-Uni. Cela lui rappelle que quand les communautés se développent, apparaissent alors des avantages étonnants et inattendus à mesure qu’elles grandissent. Voilà l’histoire de cette personne :

  • Marie a fait savoir que tous les légumes et les fruits dans son jardin devant sa maison étaient pour tous. Il a fallu deux ans avant que quelqu’un ne prenne l’un des légumes.
  • Quand les premières personnes sont finalement venu prendre des légumes, cela se transforma rapidement en une culture de la réciprocité et les gens ont commencé à partager des choses, et plus important encore, à se parler et développer d’autres formes de relation.
  • D’autres personnes ont commencé  à ouvrir leurs jardins. Certaines personnes ont commencé des jardins au collège communautaire, aux coins des rues, au poste de police et à la gare.
  • D’autres personnes ont commencé des cours de cuisine, dont pour certaines directement sur le trottoir, afin de montrer aux autres comment cuisiner les légumes.
  • Les agriculteurs locaux se sont impliqués et la demande pour les produits frais a augmenté, alors ils ont commencé à investir dans les œufs frais, le fromage et la viande.
  • Des restaurants et une boulangerie ont donné la priorité aux ingrédients locaux parce que les gens ont commencé à les commander.
  • Alors la communauté est devenue plus active, l’activité économique a progressé et les gens sont devenus plus confiants. Les modèles d’échange ont changé et les gens ont commencé à comprendre le sentiment de communauté et de solidarité. La plupart des entreprises de la ville ont vu leurs ventes augmenter.

Dans cette histoire, il y a des leçons précieuses pour les animateurs de communauté partout dans le monde. Voici en quoi:

  1. Initialement ce que vous faites peut sembler stagner sur une longue période. Cela ne signifie pas nécessairement que cela ne réussira pas et cela ne veut certainement pas dire que ça n’en valait pas la peine. Cela signifie simplement qu’il faut du temps pour que les gens soient à l’aise avec ce nouveau concept et le comprennent.
  2. Les premiers succès sont dans l’évolution des modes de comportements des gens, et non pas dans un gain financier ou de réduction des coûts.
  3. Les communautés exigent beaucoup d’actions individuelles pour réussir, il est donc essentiel que les actions soient significatives et petites dès le départ.
  4. L’impact de centaines de petites actions sur la production économique peut être considérable.
  5. L’impact de l’action collective n’aurait pas été possible avec un plan d’affaires traditionnel. Il existe d’énormes possibilités pour les individus et les organisations qui acceptent de lâcher prise et ne pas insister sur la consolidation à 100% de la production.

Toutes ces choses sont vraiment difficiles pour les organisations traditionnelles à comprendre et surtout à appliquer. Cela exige de la patience, de la réflexion de long terme, de l’accompagnent, du don de soi avant de voir son travail récompensé et l’acceptation de ne pas complètement en contrôler l’évolution par la suite. Choses difficiles, mais peut-être la seule approche pour la survie des entreprises de nos jours.

Ces petites choses vous semble inutiles, comme l’explique le Dalaï Lama :

Si vous avez l’impression que vous êtes trop petit pour changer quelque chose, essayez donc de dormir avec un moustique. Vous verrez lequel des deux empêche l’autre de dormir

Pour finir l’histoire de Marie, en anglais :