DSI et entreprise digitale

Logo-cigrefLa semaine dernière je vous parlais de l’entreprise digitale à travers une étude, mettant le collaboratif au coeur de cette entreprise digitale en devenir. Aujourd’hui c’est à travers une étude du Cigref, association regroupant la plupart des DSI des grands groupes. Cet e-book devrait donc montrer la vision des DSI de ces groupes français autour de cette question du digital. Voyons donc un peu ce que propose le Cigref (disons le tout de suite, la forme choisie, un espèce de livre dont on tourne les pages en ligne, avec le le bruit des pages qu’on tourne, ça fait vraiment vieillot et ce n’est pas du tout pratique).

Dans son introduction le Cigref porte un message intéressant sur la question de la culture digitale et l’idée que c’est un levier pour une transformation de l’entreprise qui va impacter l’ensemble de l’organisation, y compris son business model. Bien sûr pour lui, c’est le DSI qui doit être le porteur et le chef d’orchestre de cette vision. Cela va sans aucun doute  à l’inverse de la vision de beaucoup, puisque en ce moment on voit plutôt passer des messages du type : « la fonction digitale dans l’organisation, surtout pas dans la DSI ».

Le digital, une ouverture vers le monde extérieur

Le Cigref met bien en avant le fait que le collaboratif est indissociable du digital, cela venant du fait que les technologies web 2.0 qui font partie de notre vie privé, impactent notre vision du digital au travail. A tel point que le Cigref qui a longtemps été le gardien du temple de l’idée de système fermé et de sécurité, met en avant le fait que cette approche doit englober les parties prenantes externes comme les partenaires, fournisseurs… Dans ce cadre, l’innovation doit suivre le même chemin et s’ouvrir pour devenir plus sociale. Ainsi on y retrouve aussi la volonté d’inclure dans la réflexion les consommateurs, notamment à cause de la génération Y qui est mis en avant, dont le rapport au nomadisme, au communautaire, au collaboratif, et son lien au temps réel est de plus en plus prégnant. Sans compter son pouvoir d’influence et de recommendation.

Toujours dans cette idée d’ouverture, le Cigref inclu dans sa réflexion les médias sociaux, avec une approche de la e-reputation, du besoin de dialogue des consommateurs et de le considérer comme un moyen de fidélisation et d’innovation. Vous avez dit social CRM ? En fait le Cigref, sans le dire, dans son approche de l’entreprise digitale décrit l’entreprise 2.0 dans ses trois dimensions, dont je parlais il y a 3 ans : collaboratif en interne, communautés externes et présence sur les médias sociaux.

Développer le collaboratif dans la culture des entreprises

Bien sûr tout cela veut dire, un accès collaboratif sans contrainte de lieu, de temps et de contenu, une communication totalement unifiée afin de fluidifier les échanges, seul moyen de développer une véritable intelligence collective. Et si on parle d’intelligence, il faut dépasser la simple question des outils, pour repenser la question de la gestion des compétences et des ressources humaines. Au final une approche globale où « le facteur humain fera la différence », c’est à dire le passage vers une entreprise plus organique que hiérarchique, à travers par exemple, la mise en place de communautés transverses où compétences et expertises sont valorisées. Le tout ayant un impact sur le management qui va devoir faire évoluer un savoir faire, mais aussi un savoir être, en tenant compte des particularités régionales (Asie, pays anglo-saxon, France).

Si ce livre reste très descriptif sur ce que veut dire devenir une entreprise digitale et n’apporte rien de révolutionnaire, c’est tout de même une vraie révolution copernicienne. Quand on connaît le Cigref, quel chemin parcouru, ce dernier était plutôt le gardien du temple et défenseur d’une DSI à l’ancienne. Espérons que les principaux intéressés, les DSI, sauront aussi évoluer dans leur approche et en appliquer les principes. Même si je pense qu’en effet le DSI pourra avoir un rôle de conseil, mais elle ne sera plus le leader de ces projets.